Gaius Julius Caesar

Gaius Julius Caesar

Gaius Julius Caesar

Encore aujourd’hui

Tous les 15 mars à Rome, des mains posent sous la statue du dictateur une couronne de fleurs. Le même jour, au temple à lui dédié où son corps a été brûlé, d’autres mains mettent des fleurs. Tandis qu’à Largo Argentina où il fut assassiné, des romains habillés en anciens romains mettent en scène les ides de mars. Et bien, loin d’être condamné en tant que tyran, Gaius Julius Caesar semble être commémoré en tant que martyr. Il est évident que son génie, son souci des pauvres, son courage, son audace, en un mot ses gestes demeurent. Alors que la cruauté des guerres, son coup d’État pour établir le pouvoir d’un homme ont été oubliés. Au point que son assassinat a fini par devenir l’assassinat le plus célèbre de toute l’Histoire. Je vous invite à découvrir Rome à travers ce personnage hors du commun.

Jules César

Les ides de mars

Le 15 mars 44 avant JC, meurt à Rome Gaius Julius Caesar à l’âge de 56 ans. La veille, il a mal dormi, d’un sommeil peuplé de cauchemars, de mauvais présages qui semblaient annoncer sa fin proche. Il décide de rester chez lui. Mais, finalement, se laissant convaincre par Decimus Brutus, Jules César se rend au Sénat. Ce jour-là, la séance a lieu dans la Curie de Pompée dans la zone des Champs de Mars. La Curia Iulia est en travaux … A peine entré, Caius Julius Caesar est entouré par les conjurés qui s’approchèrent comme pour le saluer. Tillius Cimber, le prend par les épaules, « C’est de la violence » s’écrie Jules. Ce geste est le début du massacre. 23 coups de poignard, 23 conjurés, Jules César tombe mort aux pieds de la statue de Pompée … Son ennemi qui fut un temps son ami.

Voici le récit de Suétone

« les conspirateurs l’entouraient sous prétexte de l’honorer et aussitôt Cimbro Tillius, qui s’était chargé de donner le signal, s’approcha de lui, comme pour lui demander une faveur. Cesare refusa de l’écouter et d’un geste lui fit comprendre de remettre l’affaire à un autre moment. Puis Tillius attrapa sa toge par derrière et tandis que Cesare criait: « Mais c’est de la violence! » l’un des deux Casca le blessa, le frappant juste sous la gorge. Cesare saisit le bras, le frappa avec le stylet, il essaya de se jeter en avant, mais fut arrêté par une autre blessure. Quand il constata qu’​on l’attaqu​ait de tous les côtés, il enroula sa toge autour de sa tête. De sa main gauche, il glissa l’ourlet jusqu’à ses genoux. Il fit ces gestes pour mourir plus décemment, avec la partie inférieure de son corps. couverte ». 

L’autopsie

En un premier temps les conjurés veulent jeter le corps du dictateur dans le fleuve Tibre, confisquer ses biens, effacer ses lois. Mais la peur du consul Marc Antoine et de Lépide, les puissants amis de César les fait changer d’idée. Trois soldats ramènent le corps de Caius Julius Caesar chez lui. On autorise le médecin Antistione ​à examin​er le cadavre de Jules afin de déterminer les causes exactes du décès. Cette procédure était prévue par la Lex Aquilia. En effet, il ne suffit pas de dire que quelqu’un est mort à la suite de blessures. Mais il faut spécifier, par un examen attentif fait par des médecins, que la mort est due exclusivement à ​une blessure​ et si possible trouver laquelle​. L’examen a révélé qu’un seul des ​nombreux coups de couteau fut mortel, le deuxième donné dans l’ordre temporel. 

Les présages

De nombreux signes avaitent prévu cet événement  »Quelques jours avant sa mort, il apprit que les chevaux qu’il avait consacrés aux dieux avant de passer le Rubicon, et qu’il avait laissés errer dans les campagnes, refusaient de se nourrir et versaient d’abondantes larmes »  »l’aruspice Spurinna l’avertit, pendant un sacrifice, de prendre garde à un danger qui le menaçait jusqu’aux ides de mars » »La veille des ides de mars, un roitelet qui était venu s’abattre, avec une petite branche de laurier, dans la salle du sénat de Pompée, fut poursuivi et mis en pièces par différents oiseaux sortis d’un bois voisin »  »la nuit qui précéda le jour du meurtre, il lui sembla, pendant son sommeil, qu’il volait au-dessus des nuages, et qu’il mettait sa main dans celle de Jupiter »

visite du Panthéon

 Depuis

Dans le calendrier romain, les ides correspondent au quinzième jour des mois de mars, de mai, de juillet et d’octobre et au treizième jour des autres mois de l’année. Dans le langage courant, l’expression « les  ides de mars » est le synonyme de complot, de trahison, d’intrigues, de conjures, d’assassinats et de coup d’état … Parce que les ides de mars de l’an 44 AC,  furent le jour de l’assassinat de l’homme le plus puissant de Rome. Avant l’assassinat de Gaius Julius Caesar, les ides de mars n’avaient aucune signification particulière à part être le quinzième jour du mois de mars. Petit détail, le mot ides viendrait de eidus, qui selon l’écrivain latin Macrobe, serait un mot d’origine étrusque. Le mot est tiré du verbe iduare qui signifierait diviser. En effet ce jour là correspond à la mi mois.    

La voie Appia Antica la voie des conquêtes

Gaius Julius Caesar

Les premières années

Caesar naît à Rome le12 ou le 13 juillet de l’an 100 avant Jésus Christ. Bien qu’issu d’une des plus anciennes familles patriciennes César vit modestement dans un quartier populaire, la Suburre. César a deux sœurs dont une est la grand-mère d’Octave le premier empereur romain. Le père de Jules César, un homme politique et un petit banquier, meurt alors que Jules a à peine 14 ans. Sa mère Aurélia Cotta, préfère veiller sur l’éducation de son fils plutôt que de se marier à nouveau. Gaius Julius Caesar a comme grammaticus (instituteur privé) un gaulois originaire de la Gaule Cisalpine, Marco Antonius Gnipho. L’homme s’est formé à Alexandrie en Egypte, alors un des centres culturels les plus actifs du monde antique.

Ses débuts

Très jeune Jules César entre en politique, grâce à son oncle le tribun de la plèbe Marius. La tante paternelle de Jules César ayant épousé Marius, Gaius Julius Caesar milite dans le parti des Populares. C’est le parti du peuple. Mais comme tous les romains de bonne famille qui aspirent à une carrière politique, il doit suivre un cursus honorum précis. Ce parcours des honneurs n’est autre que l’ordre des postes à occuper en succession pour arriver au pouvoir. Cet ordre, défini très tôt, fut formalisé par la Lex Villia Annalis en 180 av. J.-C. Il permettait aux futures dirigeants de gagner en compétences et respect, de former des magistrats expérimentés. Pour y avoir accès il fallait appartenir à la classe équestre, faire son service militaire comme chevalier, être noble. Il fallait aussi avoir beaucoup d’argent.

Les problèmes

Le dictateur Sylla (parti des nobles) s’en prend à César, neveu de Marius et beau fils de Cinna, deux personnages importants du parti du peuple. Les deux, étant ennemis de Sylla, Gaius Julius Caesar fuit et s’inquiète. Sa mère Aurelia Cotta et les vestales interviennent. Les paroles de Suétone . «Mais finalement, par l’intercession des vierges Vestales, de Mamerco Emilio et Aurelia Cotta, il obtient le pardon. Mais Silla déclare : « qu’ils avaient gagné et qu’ils pouvaient le garder que celui qu’ils voulaient tant sauver, un jour aurait été la ruine du parti de la noblesse. En un mot qu’il y avait beaucoup de Marius en César« . César ne se sentant pas en sécurité à Rome, part en Bithynie (Turquie) sous le commandement de Marco Minucio Termo dans la guerre contre Mithridate.

Rome la série de HBO

Sa carrière

Gaius Julius Caesar se distingue lors du siège de Mytilène, il obtient la couronne civique, (récompense donnée aux soldats qui sauvent d’autres soldats). La valeur du jeune militaire est évidente pour Minucius Thermo, son commandant et il le prend sous son aile. Entre-temps, le dictateur Sylla meurt. Alors, en 78 avant JC, César rentre à Rome. En 69 AC il est questeur, en 63 grand Pontif, ensuite il fait un pacte avec Crassus et Pompée : le triumvirat. Il devient Consul en 59 AC, puis gouverneur en Gaule Cisalpine et il part à la conquête des Gaules. En 49 avant JC, il traverse le Rubicon, c’est la guerre civile. Il gagne la bataille finale contre Pompée. Le 9 février 7 de 44 avant JC, il obtient le titre de dictateur à vie. César a le contrôle total sur Rome.

Son oeuvre

En tant que chef des démocrates, Jules interprète les aspirations de toute une génération. Il réalise la grande réforme agraire voulue par les frères Gracchi avec la distribution des terres publiques aux légionnaires et à la plèbe. Gaius Julius Caesar fonde de nouvelles colonies en Gaule, en Espagne et en Afrique, formées de gens du peuple et d’affranchis. Julius Caesar entreprend des travaux publics pour combattre le chômage. Il organise un système équitable de distribution du blé aux classes défavorisées. Jules étend la citoyenneté aux habitants de la Gaule cisalpine. Il abroge la loi interdisant aux condamnés et leurs descendants de retrouver leurs droits civils. Il réforme le calendrier qui depuis, démarre le 1 janvier et plus en mars… Toujours dans le respect des institutions.

Décors de la série Rome

Les rumeurs

A côté de ceux qui voyaient en lui un homme génial, élégant, clément, séducteur des masses, d’autres percevaient le tyran, l’adultère, l’homosexuel, l’épileptique. A cette époque la bataille politique était aussi faite à coups de médisances. En sont témoins les nombreux graffiti trouvés sur les murs de Pompéi. Au moment de l’éruption du Vésuve, une campagne électorale battait son plein. La politique se jouait sur la réputation. Il fallait exalter aux yeux du public sa propre image, le nomen, en détruisant celle des adversaires. Tous les moyens étaient permis même la diffusion de rumeurs. Ces mensonges passaient par les bains publics, les lupanars, les barbiers, les tavernes. Le sort d’un candidat était souvent accroché à un « on dit que  ». Les médisances poursuivront Gaius Julius Caesar toute sa vie.

Les amours

De Cornélie à Cléopâtre, en passant par les femme de Crassus et de Pompée, voici le cursus sentimental du dernier dictateur de la République. Sa première femme Cornelia, était une riche, noble et belle romaine, il l’a marié en 83 AC. César. Il l’aimait mais la trompait. Elle lui donna une fille, Giulia. César séduira Tertulla, la femme de Crassus, ainsi que Muzia la femme de Pompée. Avec Servilia, mère de Brutus, l’un des césaricides, il eut une relation d’une vingtaine d’années. Brutus est peut-être le fruit de cette relation, les rumeurs murmurent. Entre-temps, Cesare après la mort de Cornelia se maria deux autres fois. Il épousa Pompée (le nièce de Silla), qu’il répudia, elle le trompa. En 59 av. il épousa Calpurnia. Elle sera sa femme juqu’au bout.

Cléopâtre

La rencontre avec Cléopâtre eut lieu en 48 av.J.-C. en Egypte, à Alexandrie. César s’y trouvait en poursuivant Pompée le général qu’il avait battu. César avait plus de cinquante ans tandis que Cléopâtre était une jeune femme de dix-huit ans. Elle se présenta à lui, simplement vêtue enveloppée dans une sorte de tapis. Ce fut le coup de foudre. Il tomba sous le coup d’une passion qui risquait de tout détruire, de la conquête des Gaules à la victoire sur Pompée. Tandis que pour Cléopâtre, le romain était l’opportunité d’échapper au complot visant à l’éliminer. César ébloui par la beauté, l’éloquence, le charisme de Cléopâtre passa des mois en Egypte. Il s’abandonna à l’amour et à une longue croisière sur le Nil. Elle lui donna un fils, Césarion.

Bisexuel

Pendant les triomphes ses soldats chantaient « César le mari de toutes les femmes et la femme de tous les maris ». Ce n’était pas un motif de honte pour lui. Il faut savoir que, l’identification sexuelle, chez les romains, n’était pas basée sur le sexe de l’amant. Elle était basée sur le rôle joué pendant les rapports. Si le rôle était actif, il était associé à la virilité, quel que soit le sexe du passif. Donc, les relations homosexuelles du dictateur étaient connues de la plupart. La relation avec Nicomède n’était la seule. Plutarque racontait que César aimait le jeune Sarmento. Catulle parlait de César et de son officier Mamurra comme de « vrais jumeaux, deux dans un lit« . Malgré tout, Cicéron affirmait que César « n’avait qu’une ambition, le pouvoir ». Même s’il fallait passer par les lits des puissants.

Hermaphrodite du palais Massimo à Rome

Son aspect

 D’après Suétone. « Cesare était grand, bien proportionnée, la peau claire, les yeux foncés, le regard vif. Il jouissait d’une bonne santé, mais en vieillissant il souffrait d’évanouissements et de cauchemars. Dans les soins du corps, il était méticuleux au point qu’il se coupait les cheveux, se rasait, et s’épilait. Il supportait mal sa calvitie, c’est pourquoi il peignait ses cheveux en avant. On dit qu’il était aussi recherché pour s’habiller. Il portait une tunique frangée jusqu’aux mains et toujours tenue par une ceinture large ». D’après Cicéron. « Il était ingénieux, équilibré, avait une bonne mémoire, de la culture, de la rapidité, de la diligence. Pendant de nombreuses années, il n’avait eu d’autre ambition que le pouvoir et, avec beaucoup d’efforts, il y était parvenu. Il avait conquis le peuple avec des cadeaux, des bâtiments, des dons de nourriture et des banquets. Il avait acheté les siens avec des prix et ses adversaires avec des manifestations de clémence. Bref, il avait donné à une ville, qui avait été libre, l’habitude de servir, en partie par peur, en partie par résignation. »

Sources des informations

La principale source est sans aucun doute celle qu’il nous a fournie par ses écrits De Bello Gallico et le De Bello Civili. Suivent les ouvrages des grands écrivains antiques. D’abord Cicéron, un contemporein et un rival politique qui eut certainement un rôle dans l’assassinat de Jules. Salluste, ami du dictateur, l’historien romain qui suit Gaius Julius Caesar dans la lutte contre Pompée. Il en parle dans son ouvrage De Coniuratione Catilinae (La conjure de Catilina). Plutarque, dans les Vies Parallèles, compare douze empereurs à des personnages de la Grèce antique. Il compare Gaius Julius Caesar à Alexandre le Grand. Titus Livius, dans les Anales, chronique détaillée de l’histoire de Rome, ainsi que Suétone, écrivain latin du IIe siècle, dans la Vie des Douzes Césars trace une chronique plus littéraire qu’historique, pleine de ragots et d’anecdotes. L’historien grec Appiano ….

Caius Julius Caesar écrivain

Caius Julius Caesar  n’a jamais vécu de sa plume, mais plutôt, très jeune il a reçu une parfaite formation littéraire de son maître, le rhéteur et grammairien M. Antonius Gnipho, puis à en Grèce auprès du célèbre Apollonios Molon. A l’époque, écrire était un passe-temps des hommes cultivés. Il ne reste rien de sa tragédie Œdipe, de ses poèmes, de son traité des théories linguistiques, des Commentarii de bello Gallico et ceux de bello civil. Des lettres de César on trouve quelques traces dans le recueil des lettres de Cicéron. Son langage était clair et concis. Mais nous avons le Bellum Gallicum. Ce récit raconte l’histoire des années de guerre de 58 à 52 en 7 livres, de l’expédition contre les Helvètes à la victoire finale. Il nous reste aussi le Bellum civil qui en trois livres rend compte des événements de 49 à 48 du passage du Rubicon à Alexandrie. Aulus Irzio, officier de César, terminera le travail, avec un huitième livre du Bellum Gallicum et les trois écrits continus du Bellum civil.

décors de la Rome antique

Le mythe

Dès l’antiquité le mythe de Caius Julius Caesar prend pied, ses origines divines, ses exploits formidables. Parmi les écrivains on a César lui-même, Nicola Damasceno, Appiano, Cassio Dione, Plutarque, Suétone. Au Moyen Age avec la naissance du Saint Empire Romain le mythe du dictateur reprend. A la Renaissance, les cycles de fresques de Mantegna ou d’Andrea del Sarto, dédiées à Jules César, sont un élément de comparaison. La littérature et la musique célèbrent les gloires de César, un exemple pour tous : Julius Caesar de William Shakespeare. Le personnage explose à nouveau avec le siècle des lumières et ce qui suit. Il suffit de mentionner Napoléon I. Au XXe siècle, le mythe romain se retrouve dans l’idéologie fasciste. Mais c’est le cinéma qui va consacrer le personnage au point qu’il y a plus d’une centaine de films qui le voient directement ou indirectement comme protagoniste.

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“Alea iacta est!” est la phrase prononcée par Caius Julius Caesar 

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