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La roseraie municipale

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Sur la colline de l’Aventin

Je vous invite à découvrir la roseraie municipale de Rome lors d’une visite guidée du rione Ripa. La roseraie est située en plein cœur de la Capitale, le long de la via della Valle Murcia. Cette rue porte le nom de la vallée qui séparait la colline du Palatin à celle de l’Aventin. La  roseraie municipale occupe une position particulière, face aux vestiges du palais impérial, juste au-dessus du Cirque Maxime. Elle offre des points de vue spectaculaires sur la ville. De là on peut voir la colline du Palatin, le clocher roman de l’église de sainte Maria in Cosmedin, le dôme de la synagogue, l’Autel de la Patrie … jusqu’à l’observatoire de Monte Mario. Et oui, avec ses plus de 1.100 espèces différentes de roses, la roseraie municipale de Rome est un triomphe de couleurs et de parfums, logé dans un cadre unique. La roseraie est ouverte deux fois par an. Du 21 avril (jour de la fondation de Rome) au 14 juin et du 11 au 25 octobre de 8,30 heures à 17,50 heures gratuitement. 

roseraie munucipale de Rome

La déesse Flore

 Le hasard a voulu que la roseraie municipale occupe un espace qui était destiné autrefois à un temple dédié à la déesse Flore. Flore était une déesse vénérée aussi bien par les Sabins que par d’autres peuples italiques. Chez les étrusques c’était probablement Feronia, chez les grecs Chloris. C’était la déesse de la floraison des fleurs et des plantes au printemps. Plus tard, son pouvoir s’étendra à tout ce qui se réveille au printemps et par forcément chez les plantes, l’amour, la passion, la jeunesse. De toutes les déesses, Flore était celle qui avait le caractère le plus joyeux accompagné d’une certaine dose de malice. Au début, la fête de Flore n’était pas fixe. Elle était célébrée à une date qui variait selon que l’hiver avait été doux ou rigide. Mais, en grandes lignes, les Floralia, les fêtes dédiées à Flore, avaient lieu du 28 avril au 3 mai. Autrement dit au moment de la floraison des vignes. Au cours des fêtes dédiée à Flora les divertissements ne manquaient pas.

Les Floralia

Les Floralia ou o Ludi Florales avaient lieu la nuit à la clarté des torches. On défilait, on dansait, on chassait et on participait à des représentations théâtrales. Les chasses avaient lieu dans le cirque de Flore situé entre la colline du Quirinal et du Viminal en direction du Pincio et de la place d’Espagne. Dans ces représentations théâtrales on voyait des mimes qui jouaient des petites scènes comiques. On laissait aussi participer les femmes. On voyait aussi des courtisanes récitant nues même si le sénat et de toutes les classes sociales assistaient aux spectacles, aussi les matrones les plus rigides. Les danses réservées à la déesse Flore étaient, au début, insouciantes et joyeuses. Mais elles finirent par dégénérer et les obscénités finirent par rendre le spectacle révoltant. Lors des Floralia, on se couronnait la tête de guirlandes de fleurs, on s’habillait de vêtements de toutes les couleurs, pour imiter la couleur des fleurs dont on célébrait la renaissance du printemps.    

visite guidée de la roseraie municipale de Rome

Le cimetière juif

Avec la chute de l’Empire romain et la coupure des aqueducs de la part des barbares, cette zone fut abandonnée. Plus tard elle fut recouverte de vignes et de terrains agricoles. En 1645, cette partie de l’Aventin fut achetée par la Compagnie juive de la charité et de la mort pour en faire un cimetière. Au XVIIIe siècle on rajouta un bout au point que le cimetière était composé de deux parties distingues. On les appelait « Ortaccio degli Ebrei » et l’autre « Ortaccio vecchio degli Ebrei » (Ortacio vient de hortum jardin). En 1625 le pape Urbain VIII, interdisait aux Juifs de placer dans les cimetières des pierres tombales ou des inscriptions à la mémoire des défunts. Les pierres qui existaient déjà furent détruites par l’autorité pontificale, saut celles qui ils avaient été cachées et murées dans le ghetto qui se trouvait un peu plus bas. En 1775 par Pie VI promulguait un édit semblable à celui du pape Urbain VIII.

La transformation

  L’édit fut aboli en 1846 par Pie IX et aussitôt, le cimetière se couvrit de pierres tombales. En 1895, on fermait le cimetière pour aménager la colline de l’Aventin. Entre 1930 et 1935 on ouvrait l’actuelle Via del Circo Massimo, qui longe encore le grand stade des courses de chars. À partir de 1934 on transférait le cimetière juif au cimetière du Verano. Celui sur l’Aventin fut abandonné et la zone est restée inculte jusqu’en 1950. Alors, l’ancien cimetière juif devient le siège de la nouvelle roseraie municipale. Les cyprès du vieux cimetières juifs sont restés. Cette nouvelle roseraie municipale allait remplacer l’ancienne qui se trouvait auparavant sur la colline du Colle Oppio qui fut détruite pendant la Deuxième Guerre et transformée en potager. Pour remercier la communauté juive, qui avait permis de recréer la nouvelle roseraie dans un lieu sacré, une stèle a été placée à l’entrée du jardin.   

La roseraie municipale

La roseraie s’adapte à la pente et s’ouvre sur la colline en forme en éventaille. Via di Valle Murcia divise la roseraie en deux sections. Dans la section du haut on a la collection de roses botaniques, anciennes et nouvelles, tandis qu’en bas, on a planté les roses qui participent au concours du « Premio Roma« . La Roseraie abrite environ 1100 espèces de roses provenant du monde entier, même de Mongolie. On trouve la Rosa Chinensis Virdiflora, aux pétales verts, la Rosa Chinensis Mutabilis, qui change de couleur le long de la journée et la Rosa Foetida, une rose puante. Les allées qui divisent les parterres de la partie du haut ont été conçues en forme de « ménorah », le candélabre à sept branches, symbole du judaïsme. Ceci a été fait pour remercier la communauté juive de Rome d’avoir cédé les terrains de son ancien cimetière.

cimetière juif sur l'Aventin

Le Prix de Rome

 La première édition du Prix de Rome eut lieu en 1933, alors la roseraie municipale se trouvait sur la colline du Colle Oppio, pas loin du Colisée. L’idée d’une roseraie à Rome est due à la comtesse Mary Gailey Senni et à son amour pour la nature. La comtesse Mary Gailey Senni avait une connaissance botanique remarquable. Américaine de naissance, elle épousa un comte italien et resta vivre en Italie. Femme au caractère déterminé et têtu, elle a dû se battre pour voir son projet se réaliser. En 1932, la roseraie a été ouverte sur la colline d’Oppio. Le lieu a été choisi car il y avait déjà une collection de nombreux rosiers de la Pépinière du Gouvernorat. La comtesse participa à toutes les phases de la construction de la roseraie, et elle en fit la promotion à l’étranger. L’année suivant l’ouverture de la roseraie municipale, le « Prix de Rome » est institué (deuxième au monde par constitution, précédé seulement de celui de Bagatelle, près de Paris). La comtesse y participa pendant de nombreuses années en tant que membre de la jury.    

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écrivez à arterome2@gmail.com ou téléphonez de 18 à 20 heures +39 3479541221