Aller au contenu

sainte Agathe des Goths

  • par

Une église à visiter

Si vous venez visiter Rome et que vous vous promenez le long de via Panisperna, sachez qu’une petite porte discrète le long de la chaussée, vous introduira dans l’église de sainte Agathe des Goths. C’est une église aux noms multiples, on l’appelait sainte Agathe « in Subura » car logée dans le quartier antique ou saint Agathe « in Monasterio » ou « de Caballo » en raison de sa proximité avec Monte Cavallo nom médiéval donné au Quirinal. Ce lieu de culte fut fondé au Ve siècle après J-C peut être par le consul de l’Empire d’Occident. Au Ve siècle, l’église de S. Agathe des Goths est devenue le lieu de culte de la communauté des Goths de Rome. Ce n’est qu’en 593 que l’église est à nouveau consacrée par Grégoire le Grand et prend le nom de « Saint Sébastien et sainte Agathe“. Au IXe siècle, lors d’une restauration, on lui ajoute un monastère bénédictin détruit en 1926 à par la construction de la Banque d’Italie. La façade de sainte Agathe des Goths, réalisée par l’architecte Domenico Castelli, date de 1633.

L’église de sainte Agathe des Goths

Passé le portail principal, orné d’un relief en stuc, on accède par un double escalier à un portique à quatre bras orné d’un puits en son centre. Le puits est surmonté d’une inscription : « SEMPER » et du blason des Médicis. Probablement ajouté lors de la visite du pape Clément VII de Médicis au cardinal de l’église, son neveu. Intérieur l’église de sainte Agathe des Goths est divisé en trois nefs par douze colonnes antiques. L’autel est décoré d’un ciboire en style cosmatesque du XIIe siècle partiellement conservé. Au centre de la nef centrale, on peut encore admirer une partie du pavement original, datant de la seconde moitié du XVe siècle voulu par le cardinal Francesco Gonzaga. Dans l’abside, il y a une fresque représentant la Gloire de Sainte Agathe de Paolo Gismondi de 1636. Elle remplace l’ancienne mosaïque du Ve siècle, un « Christ Juge », qui a été détruite au XVIe siècle lors de l’effondrement de l’abside.

Sainte Agathe

L’église est dédiée à la sainte native de Catane, une des martyrs les plus célèbres de l’antiquité avec Lucie et Agnès. La tradition veut que sainte Agathe ait été dénoncée en tant que chrétienne, alors un crime, par un prétendant repoussé, le consul Quinziano. Elle meurt lors de la persécution de l’empereur Decius en 251. L’année après sa mort, l’Etna menace de détruire Catane. Mais les habitants amènent le voile qui couvrait la tête de sainte Agathe devant le magma. Soudain, le feu et la lave du volcan s’arrêtent. Sainte Agathe est née à Catane, dans une importante famille. Jolie fille, elle est courtisée par le consul Quinziano. Mais, les tentatives de séduction n’ont aucun succès ce qui rend l’homme furieux. Interrogée et torturée, Agata est inébranlable dans sa foi. Au comble de sa fureur, Le consul Quinziano lui fait déchirer les seins. La jeune femme en guérit. Alors, le consul Quinziano donne l’ordre qu’on brûle Agathe. Un tremblement de terre empêche l’exécution. Mais elle meurt tout de même. Son corps a été embaumé et enveloppé d’un voile rouge qui, dit-on, a arrêté plusieurs fois la lave qui menaçait de détruire Catane. Pour cela, sainte Agathe est la sainte patronne de la ville.

L’invasion des Goths

Au IVe siècle après J-C des hommes, des femmes et des enfants s’amassent le long du Danube, à l’extrême nord de l’Empire romain. Derrière eux un ennemi féroce s’avancent, les Huns. Ces Huns arrivant des steppes, bouleverse en 376 l’équilibre précaire prévalant jusque-là sur la frontière du Danube. Parmi ce monde en fuite figure deux tribus de Goths qui deviendront les Wisigoths et les Ostrogoths. Ils occupent l’Italie. De 545 à 546 ils assiègent la ville éternelle et la dévastent. Après plusieurs mois de durs combats, le général Belisario s’empare de l’Italie et obtient la reddition des Ostrogoths. Mais Belisario part pour Byzance en 540 met à mal cette conquête encore fragile. Les Ostrogoths ne tardent pas à se rebeller, ils se choisissent comme roi Totila. Ils reprennent morceau par morceau les territoires perdus. Rome, par son importance politique et symbolique, devient de nouveau le centre du conflit. La ville est défendue par Bessas … Pour plus de détails, lisez les « Guerres des Goths » de Procope, un contemporain, un historien des Guerres de Justinien. A travers huit livres, il nous a raconté des nombreux combats livrés par les byzantins pour sauver ce qui reste de l’Empire. Parmi ses citations : »On est toujours le barbare de quelqu’un ». Rome comptait moins de 30.000 habitants.  

église de sainte Agathe des Goths

L’arianisme

L’Arianisme est une doctrine qui porte le nom de Arius, patriarche du IVe siècle J-C originaire Alexandrie en Egypte. Sa principale question est « Jésus-Christ est réellement Dieu devenu chair ou est-il un être créé ? ». Est-il Dieu ou lui ressemble-t-il ? Arius soutient que Jésus est un être créé par Dieu et donc il ne peut pas être comparé à dieu. En un mot, Jésus est un être créé ayant des attributs divins, sans être lui-même divin. Cette une des discussions qui va enflammer les cœurs et les esprits des premiers chrétiens, Après plus d’un siècle de débats et suite à de divers conciles, l’arianisme est condamné comme une fausse doctrine, il sera durement combattu par l’église. L’arianisme n’a jamais réellement disparu pour autant, il a survécu à travers les siècles sous diverses formes. L’arianisme prend pied en Italie deux fois du Ve au VIe siècle. Une première fois avec les Ostrogothes et une deuxième fois avec les Lombards. A l’époque il y avait à Rome deux églises dédiées à ce culte. Il ne reste que l’église de sainte Agathe qu’on appelle encore des Goths. Elle fut fondée 50 ans avant l’arrivée des Ostrogothes, par un certain Suève Ricimer qui professait l’arianisme.