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London calling

Exposition au palais Cipolla

  « London calling », chantaient les Clash en 1979, une des chansons les plus célèbres de ce groupe punk rock. Mais ici, « London calling » c’est le titre d’une exposition qui se tient à Rome au palais Cipolla jusqu’au 17 juillet. On peut y admirer les œuvres de treize grands artistes contemporains anglais. Les tableaux et les installations se succèdent dans les salles du palais Cipolla. Trente œuvres aux techniques, aux styles et aux périodes de création différentes occupent les espaces. Le but est de retracer l’évolution de l’art anglais (ou mieux londonien) des cinq dernières décennies. London Calling présente ces artistes dont la carrière s’est forgée uniquement à Londres. Par leur bravoure, ils ont placé la ville à l’avant-garde du monde de l’art. Les œuvres ont été sélectionnées par les artistes et elles sont significatives de leurs tendances actuelles.  

Anish Kapoor

La première salle s’ouvre sur trois œuvres de Anish Kapoor. Né à Mumbai, ce grand artiste utilise ingénieusement les matériaux. Il emploie acier, PVC, pierre pour créer des formes et des structures dont la vision produit un fort impact sur le public. Les trois sculptures exposées dans cette salle ont toutes une force d’attraction particulière. Magenta Apple Mix 2, c’est deux gros disques rouges. Les formes concaves des disques renversent les reflets et réverbèrent chaque son présent dans la pièce, créant un environnement peu rassurant. Anish Kapoor aime évoquer les sensations les plus sombres de notre nature mortelle. La couleur rouge n’a pas été choisie par hasard. C’est la couleur de la vie, de la force, de la santé, du courage, de la guerre, de l’amour, de la colère. Arrivé à Londres dans les années 70, il étudie à l’Hornsey College of Art. Depuis 1999 il est membre de la Royal Academy of Art.   

Tony Gragg

Né à Liverpool, c’est une des sculpteurs les plus connus d’Angleterre. En 1988 il a représenté l’Angleterre à la Biennale de Venise. Il est membre de la Royal Academy depuis 1994.  Il s’est fait connaître par ses installations colorées. Ici, il explore le rapport complexe entre le monde naturel et le monde artificiel. L’artiste affirme s’intéresse aux structures internes du matériel, ces structures qui déterminent l’aspect externe. Après ses débuts dans le mouvement Land Art (une tendance de l’art contemporain qui emploie dans ses compositions le cadre et les matériaux de la nature. Les oeuvres sont exposées en externe pour les soumettre à une érosion naturelle) et à la Performance Art (performance art c’est un échantillon artistique créé par l’artiste ou d’autres participants). Il s’est penché sur l’exploration des micros et des macros structures présentes dans la nature.

Mat Colishaw

C’est un des protagonistes du mouvement des Young British Artists, mouvement qui naît dans les années 1980. Les YBA sont célèbres pour leur « tactique du choc », l’usage de matériaux inhabituels (par exemple les animaux découpés de Damien Hirst). Le choix des matériaux peu orthodoxes et les procédés créatifs mènent ces artistes à créer au-delà des limites éthiques et/ou institutionnelles. C’est notamment par cette transgression des limites que le mouvement alimente sans cesse de nouvelles polémiques et des divisions dans l’opinion publique. L’un des thèmes favoris de Colishaw est l’ambiguïté, l’amoralité. Il utilise des images formelles mais de manière singulières et fascinantes. Ces images combinent l’art et la nature. Ces visions puissantes et objectives servent à contextualiser des thèmes inquiétants et sinistres. Ici Colishaw utilise un lustre composé de 182 images qui en raison de l’effet de la rotation crée un certain effet.

David Hockney

C’est l’un des artistes les plus importants des XXe et XXe siècles. Membre du pop art, David Hockney est peintre, photographe, graveur, illustrateur et scénographe. Il s’intéresse aux thèmes de la nature, des amours et de l’homosexualité. La renommée de David Hockney a commencé avec le Swinging London, où il a joué un rôle important aux côtés d’artistes tels que Peter Blake. Son travail implique l’utilisation d’une large variété de techniques : la peinture, la photographie, le collage, la vidéo. En 2018, son Portrait of an Artist a été vendu pour 90,3 millions de dollars. En 2007  David Hockney a commencé à utiliser l’iPhone et l’iPad. Les œuvres créées à l’écran sont imprimées en grandes dimensions. Ceci permet au visiteur d’observer chaque trait, chaque défaut. La sélection présentée ici fait ressortir à la fois la nature mélancolique et la personnalité joyeuse de David Hochney. Depuis 2017, il vit et il travaille en Normandie.

Yinka Shonibare

Né à Londres en 1962, enfant il retourne vivre avec ses parents à Lagos. Il revient à Londres, adolescent pour étudier à la Byan School of Art. Ses œuvres sont exposées au Victoria and Albert Museum et à Minneapolis. En 2021 il reçoit le prestigieux prix Whitechapel Gallery Art Icon. Les œuvres de Yinka Shonibare expriment parfaitement le multiculturalisme dont il est issu. A travers un langage artistique basé sur l’utilisation de différentes techniques,  Yinka Shonibare  explore le concept d’identité et de mémoire. Il utilise la forme occidentale pour créer une esthétique différente. En effet, ses installations hautement théâtrales sont célèbres. Au sein d’univers victorien et bourgeois des XVIIIe et XIXe siècles, l’artiste organise des mises en scène à travers de drôles de mannequins sans visage, vêtus de riches et colorées robes de style rococo mais en tissus batik.

London calling Yinka Shonibare

Damien Hirst

Ce fut l’organisateur de l’exposition « Freeze » de 1988, l’événement qui a lancé le mouvement Young British Artist, devenu célèbre au début des années 90. Damien a grandi à Leeds. Très vite il attire l’attention du collectionneur Charles Saatch qui devient son premier mécène. Une grande partie de la production de Damien explore la relation entre la vie et la mort. L’une de ses œuvres emblématiques « Glen Matclock » est exposée ici. Le morceau porte le nom du bassiste anglais qui jouait au début dans le groupe punk les Sex Pistols. L’armoire est la simplification d’un cabinet médical, bourré de médicaments. L’armoire est un portrait des angoisses de notre temps, des maladies. L’oeuvres nous place devant des problèmes tels que la fragilité du corps humain, la dépendance aux médicaments, l’immoralité des maisons pharmaceutiques. Parmi ses oeuvres célèbres on compte les spot paintings. Hirst étudie les variations sur le thème de la tâche

Sean Scully

L’artiste d’origine irlandaise s’établit à Londres encore enfant. Sean Sculy est l’un des artistes abstraits les plus connus au niveau international. Il a exposé un peu partout dans le monde entier, en 2019 à la Biennale de Venise. On peut admirer ses œuvres au MoMa de New York, à la National Gallery of Art de Washington, à l’Albertina de Vienne … L’art de Sean mélange les traditions de la peinture européenne avec l’art abstrait de la peinture américaine. Scully insère un élément narratif dans l’art abstrait en utilisant des blocs de rayures horizontales et verticales de couleurs intenses qui semblent suspendues. Dans la série Landline, il insère un carré noir pour marquer l’interruption subie dans nos vies à cause de la pandémie.

Michael Craig-Martin

Michael Craig, d’origine irlandaise, se forme à Yale aux États-Unis et revient à Londres au milieu des années 60 où il devient l’une des figures incontournables de la nouvelle génération d’artistes. Les œuvres de Michael Craig explorent la relation entre l’objet et la matière. Ici, deux œuvres récentes y sont exposées, elles nous montrent des objets de la vie quotidienne. Les peintures aux couleurs vives et contrastées ont été réalisées pendant la pandémie. Il les a appelées Interior (avec chair l’une et avec chaise l’autre). Les deux tableaux mettent en lumière les nouveaux objets désormais familiers dans l’existence de chaque individu de par le monde, des objets comme la seringue. Ne pouvant voyager à cause de la pandémie, tout devient imagination. C’est pour cette raison dans with chaise l’écran plat, le tire bouchons, le fauteuil sont les objets nécessaires pour un autre type de voyage. L’hublot nous rappelle que c’est un voyage.

Grayson Perry

Grayson Perry est connu pour ses céramiques et ses tapisseries. Dans ses œuvres, l’artiste inclut des éléments liés à sa vie privée. On y voit souvent Claire son alter ego. L’artiste en 2003 a été le premier céramiste à remporter le prix Turner. Ses œuvres font partie de nombreuses collections dont le MoMA de New York et la Tate de Londres. En 2011, Grayson est devenu membre de la Royal Academy of Art. La production de de Perry explore les idées de genre, d’identité. Dans Sex and Drugs and Earthenware, on voit un élégant vase chinois décoré avec les portraits de Michael Jackson et de Kurt Cobain, apparus dans les journaux pour abus l’autre pour suicide. Cyniquement, Perry place deux canettes de Pepsi dont le slogan à l’époque était « le choix d’une nouvelle génération ». Le sac à main en édition limitée conçu par Perry en collaboration avec la marque britannique Osprey London est décoré de l’ours porte-bonheur de l’artiste.

Jake & Dinos Chapman

Diplômés du Royal College of Art, les frères Chapman appartiennent tous deux au groupe des Young British Artists qui s’est fait connaître du public lors de l’exposition « Freeze » organisée en 1988 par Damien Hirst. La sculpture en bronze Life and Death Vest (2017) est inspirée d’un gilet d’exposition qu’utilisent les terroristes lors d’attentats. Ces provocateurs du monde de l’art créent souvent des œuvres à la limite du bon goût. Le gilet explosif est celui du film Rush Hour de l’acteur Jackie Chan. L’œuvre des Chapman est une critique à la banalisation et à l’exploitation commerciale d’un thème tragique de la part de l’industrie cinématographique. L’humour noir est un argument que les frères Chapman utilisent souvent pour souligner un message et placer le spectateur face à son voyeurisme. Sur les murs, les frères Chapman ont placé les copies des estampes faites de Goya pour le serie Désastre d’une guerre. A ces estampes, les frères Chapman on ajouté des moments de la vie quotidienne. Le tout pour souligner notre hypocrisie. Nous sommes choqués devant une œuvre d’art qui parle de violences, indifférents devant les horreurs d’une vraie guerre.    

Julian Opie

Le travail de Julian Opie se caractérise par l’utilisation de lignes épaisses remplies de plaques colorées monochromes avec lesquelles l’artiste crée principalement des portraits et des paysages. Ses œuvres font partie de collections renommées dont le MoMa, le Tata, le British Museum, l’ICA de Boston. Julian Opie combine la simplicité du langage visuel de la vie moderne avec la tradition de l’histoire de l’art. Dans ses œuvres, il accueille les influences du portrait classique, des hiéroglyphes égyptiens et des gravures japonaises. L’artiste joue avec les différentes manières de réinterpréter le vocabulaire de la vie quotidienne, des affiches publicitaires, des panneaux de signalisation. L’image est réduite au strict minimum, juste quelques traits et à une gamme restreinte de couleurs.

Idris Khan

Les techniques utilisées par Idris Khan oscillent entre la photographie, la sculture et la vidéo. Idris Khan utilise la technique de superposition pour créer des œuvres originales. La production d’Idris Khan se caractérise par l’exploration de thèmes liés à la littérature à son histoire personnelle à la politique à la musique à la religion, en particulier à l’islam en raison de ses origines. Il s’est formé au Royal College of Art de Londres , ville où il vit actuellement. Ses œuvres font partie d’importantes collections, comme au Guggenheim Museum de New York et au Musée d’art contemporain de Tel Aviv.

Pour conclure

Dans les années 1960, la transformation économique et sociale transforme Londres au point qu’elle devient l’une des capitales incontestées de l’art contemporain. La ville possède d’innombrables galeries, de nombreux musées et d’institutions mondialement connus, tels que la Tate, la Royal Academy of Arts et la Serpentine Gallery. Londres est aussi le siège d’écoles d’art prestigieuses écoles d’art qui donneront naissance à des mouvements tels que New British Sculpture et Young British Artists (YBA). London Calling recueille, pour la première fois en Italie, une revue d’artistes contemporains qui ont contribué à cette transformation.

Pour réserver vos visites

et visiter l’exposition London calling écrivez à arterome2@gmail.com ou téléphonez au +393479541221