via Panisperna

via Panisperna

via Panisperna

Une rue de Rome

Lors d’une visite guidée du quartier de Monti un dimanche matin, nous passerons sans doute par via Panisperna. Une rue au drôle de nom qui viendrait de « panis et perna« , du pain et du jambon, que les frères de l’église de saint Laurent in Panisperna distribuaient aux pauvres le jour de saint Laurent. Ou bien ce mot c’est formé par l’union des noms de deux familles les Pane et les Perna. Ils possédaient des maisons dans le coin. Ce qui est certain c’est que via Panisperna se dénoue sur trois des sept collines historiques, l’Esquilin, le Viminal et le Quirinal. Qu’elle relie la grande basilique de sainte Marie Majeure avec la colline du Quirinal. Que sous une apparence quelconque elle cache bien des trésors. Le monument le plus important de via Panisperna est certainement l’ancienne église de San Lorenzo bâtie sur le lieu, où, selon la tradition saint Laurent aurait subi le martyre. Mais, via Panisperna est aussi connue pour avoir abrité un groupe de jeunes physiciens italiens dans un édifice qui maintenant est englobé dans le palais du Viminal: « I ragazzi di Via Panisperna« .   

via Panisperna

L’église de San Lorenzo in Panisperna

 L’église de saint Laurent est une des plus anciennes églises de Rome. Située sur le haut de la colline du Viminal, on y accède par une double rampe d’escalier. Édifiée sur le lieu du martyre du saint, maintes fois restaurée, c’est la première église qu’on lui a dédiée. D’abord bâtie sous le pape Boniface VIII au XIIIe siècle sur les ruines d’un édifice précédent, elle est, par la suite, flanquée d’une abbaye bénédictine. En 1574, le pape Grégoire XIII fait faire de nouveaux travaux et c’est à ce moment-là que l’église prend le nom de saint Laurent in Panisperna. Le double escalier date de 1893,  bâti lors de la construction de via Milano car il a fallu adapter l’église à l’abaissement du niveau de la rue. Saint Laurent in Panisperna a une seule nef avec trois chapelles de chaque côté, couverte d’une voûte décorée de fresques. Dans la crypte on voit encore le four où, selon la tradition, le saint aurait été grillé.

I Ragazzi di Via Panisperna

A quelques pas de l’église, une petite plaque posée sur le mur d’un édifice, nous rappelle un des moments magiques de la Physique italienne. Un moment de gloire possible grâce aux « ragazzi di via Panisperna« . Un groupe formé de Enrico Fermi, Edoardo Amaldi, Emilio Segrè, Bruno Pontecorvo, Ettore Majorana et d’autres qui posèrent les bases de la physique nucléaire moderne.. En 1934, Fermi et ses étudiants déclenchent la réaction nucléaire. Elle ouvre les portes à la construction de la bombe atomique. Seuls Fermi et Majorana, son élève le plus doué, se rendent compte de l’immense responsabilité…  Le destin de ce jeune groupe d’universitaires fut un destin brisé par les lois raciales de 1938 voulues par le régime fascite. Emilio Segrè, Bruno Pontecorvo deux jeunes juifs et le professeur Enrico Fermi, marié à une femme juive, ont dû quitter le pays pour poursuivre leurs recherches, à l’étranger. Actuellement, l’immeuble qui a vu le succès de ces jeunes physiciens se trouve à l’intérieur du Ministère de l’Intérieur. Mais alors, le bâtiment était l’Institut Royal de Physique de l’Université de Rome. Maintenant, Il abritera le musée historique et le centre de recherche dédié à Enrico Fermi

Mais encore

Juste en face de l’église de saint Laurent in Panisperna se trouve le palais Cimarra. Bâti en 1736 par Ferdinando Fuga, ce fut la résidence du comte de Souza Holstein, alors ambassadeur du Portugal. A l’époque, ce palais était connu de tous grâce aux somptueuses fêtes et banquets qu’il organisait. Au XIXe siècle, la propriété passe à la famille des Cimarra qui finit par donner le nom à l’édifice. En 1870, il est acheté par l’État italien et le palais devient une caserne militaire. Rénové en 1958, c’est le siège d’une préfecture de police. Au numéro 207 on a Palazzo Falletti di Villafalletto, construit par une famille originaire d’Ombrie. Le bâtiment, actuellement propriété des Falletti di Villafalletto, se compose de trois étages plus une mezzanine. Un portail rectangulaire décoré de guirlandes et surmonté d’un balcon mène à une belle cour ornée d’une fontaine insérée dans une niche flanquée de deux satyres.     

fontaine du palais Falletti sur via Panisperna

Toujours sur via Panisperna

Par une porte latérale, on a accès à l’église de Santa Agata dei Goti. Plus loin se dresse la façade sévère de San Bernardino da Siena qu’on appelle aussi San Bernardino ai Monti. Saint Bernardino da Siena était un prédicateur toscan du XIVe siècle. Il appartenait à une noble famille, les Albizzeschi. A côté de l’église, il y avait un couvent aujourd’hui transformé en Institut technique. L’église  de San Bernardino da Siena à la simple façade, a comme ornement l’inscription « IN HONOREM S.BERNARDINI SENENSIS » qui surmonte l’humble portail. Le dôme, qu’on ne voit pas de l’extérieur, est orné d’une « Gloire de San Bernardino » du peintre Bernardino Gagliardi. Près de l’autel de gauche, on peut admirer une belle toile de Giovanni Baglione: « Ss. Antonio de Padoue, Chiara et Agata ». L’édifice est construit sur les vestiges d’un ancien bâtiment romain à plan elliptique. Juste en face de l’église on a ce qui reste de la magnifique villa Aldobrandini. Tandis que quelque mètres plus haut, presque au croisement de Largo Magnanapoli, en haut d’un escalier est installée l’église de saint Sixte.  

via Panisperna du haut

Villa Aldobrandini

C’est par un joli portail ouvert par l’architecte Marcello Piacentini en 1929, qu’on a accès à la villa Aldobrandini. En 1566, Monseigneur Giulio Vitelli achète un vignoble, avec de grands jardins et quelques bâtiments à Monte Magnanapoli,presque en pleine campagne. Il y aménage une villa avec loggia. En 1600, le fils vend la Villa au pape Clément VIII, le pape en fait don à son neveu, le cardinal Pietro Aldobrandini. L’architecte Giacomo Della Porta est chargé de faire du palais une propriété digne du rang du cardinal. La villa somptueusement meublée conservait des œuvres de Giovanni Bellini, Giorgione, Leonardo, Mantegna, Tintoretto, Tiziano, Raphaël. A la mort du cardinal, la Villa passe aux familles Pamphilj et Borghese. Ils partagent les collections. Pendant l’occupation napoléonienne, 1811 et 1814, la Villa est le siège du gouverneur français à Rome. Peu après, la villa revient aux Aldobrandini juste à temps pour finir dans les mains de l’Etat Italien. L’ouverture de la Via Nazionale à la fin du XIXe siècle a mutilé et défiguré le parc. Par contre le palais Aldobrandini aujourd’hui est le siège de l’Institut international pour l’unification du droit, fermé au public. La via Panisperna aboutit à Largo Magnanapoli en longeant l’église de saint Sixte.

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